Des gels historiques qui mettent les vignobles à l’épreuve
Ces dernières années, les viticulteurs de plusieurs régions canadiennes ont subi des gels hivernaux d’une violence exceptionnelle. En Ontario, particulièrement à Niagara, la récolte 2022 a représenté en moyenne environ 50 % d’une saison normale, à la suite de dommages hivernaux exceptionnels. Dans la vallée de l’Okanagan, le gel arctique de janvier 2024 a fait encore plus de ravages : on estime que jusqu’à 95 % des bourgeons ont été détruits, et que près de la moitié des ceps devront être replantés.
En Nouvelle-Écosse, le Polar Vortex de février 2023 a fait chuter les températures à –25 °C, causant des dommages structurels importants aux vignes. Le gouvernement provincial a d’ailleurs débloqué un fonds d’urgence de 15 millions de dollars pour venir en aide aux producteurs.
Au Québec, c’est le gel hivernal de janvier 2021 (et dans certains cas 2022) qui a durement frappé plusieurs vignobles, en particulier ceux cultivant des cépages vinifera mal protégé comme le Pinot noir, le Chardonnay ou le Riesling.
Partout au Canada, les résultats sont similaires : des rangs clairsemés, des plants morts en série, et une pression accrue sur la rentabilité. Lorsqu’une parcelle perd trop de plants, il faut tout arracher et replanter. Mais souvent, la complantation ciblée reste possible… à condition d’avoir les bons outils et le bon moment pour agir.
Le problème : des plants morts… et personne pour les remplacer
Un plant mort au milieu d’une rangée n’est pas qu’un simple vide dans le paysage. C’est un point de perte silencieux. Il occupe de l’espace, demande qu’on désherbe autour… mais il ne produit rien. Et cette vigne absente coûte autant à entretenir qu’un plant sain. Moins de raisins, mêmes dépenses : la rentabilité s’érode doucement, rang par rang.
Dans plusieurs vignobles que nous avons visités, surtout en Nouvelle-Écosse et en Colombie-Britannique, le manque de bras est criant. Même pour les vendanges, certains peinent à rassembler une équipe. Alors pour les complants au printemps, c’est souvent mission impossible.
La complantation manuelle est lourde. Il faut une équipe dédiée, de la coordination, du temps. Pendant ce temps, la saison avance : palissage à réparer, traitements à planifier, plantation principale, vinification… Les jours filent, et les complants attendent.
Ce retard cumulé dans la complantation devient vite un enjeu économique. Car un plant qui manque, c’est une ligne comptable vide. À grande échelle, ne pas replanter, c’est perdre des revenus futurs chaque année.
Chez Vitis-import, nous avons été sur le terrain
Entre avril et juin 2025, une grande partie de notre équipe était présente dans la vallée de l’Okanagan, aux côtés des producteurs qui ont dû replanter intégralement leurs parcelles après le gel extrême de janvier 2024. Ce que nous avons observé est clair : lorsque les pertes dépassent un certain seuil, il devient plus judicieux d’arracher et de repartir à neuf. Mais dans de nombreuses exploitations, les dégâts sont partiels et c’est là que la complantation devient la bonne réponse.
Le problème ? Même quand il ne s’agit « que » de remplacer quelques dizaines ou centaines de ceps, les ressources manquent. Tout le reste du vignoble réclame déjà du temps, des bras, de l’attention. Et organiser une campagne de complantation manuelle demande de la logistique, de l’outillage, du personnel ce que beaucoup n’ont plus.
Dans les Maritimes, la contrainte est encore plus nette. Les producteurs y sont nombreux à constater des manquants dans leurs rangs, surtout après le Polar Vortex de 2023. Mais faute de main-d’œuvre disponible, la complantation est tout simplement reportée, voire abandonnée. Les plants morts restent en place, invisibles… mais coûteux.
C’est dans ce contexte, à force d’échanges concrets avec les producteurs de terrain, que nous avons confirmé ce que nos équipes techniques pressentaient depuis longtemps : la complantation ne peut plus être une action ponctuelle. Elle doit devenir une stratégie annuelle.
Comme l’expliquait un expert lors de notre webinaire du 14 mai 2025 :
« La complantation est une stratégie continue, pas une action ponctuelle. »
En remplaçant quelques ceps chaque saison au printemps selon le contexte, on évite l’accumulation de manquants, on répartit les coûts, et on préserve la rentabilité à long terme. Ce raisonnement parcellaire permet aussi d’agir sans attendre que toute la parcelle devienne non viable.
Au-delà de 7 % de ceps morts dans une parcelle, il est généralement recommandé d’intervenir :
soit par une complantation ciblée,
soit, si les pertes sont concentrées, par un arrachage et replantation complète.
Dans les deux cas, ce qui fait la différence, c’est la capacité à agir au bon moment, avec les bons outils.
Une réponse concrète : la complantation mécanique dès 2026
Chez Vitis-import, cette solution ne sort pas de nulle part. Elle est née d’un constat clair, sur le terrain : la complantation est nécessaire, mais très difficile à réaliser dans les conditions actuelles, particulièrement en Colombie-Britannique et dans les Maritimes. Il fallait une alternative fiable et accessible pour les producteurs canadiens.
C’est pourquoi, dès 2026, nous proposerons un nouveau service de complantation mécanique, une première au pays. Ce service repose sur une technologie déjà éprouvée dans de nombreux vignobles européens, où plus de la moitié des remplacements de ceps sont aujourd’hui réalisés à la machine.
Concrètement, il s’agit d’une mini-pelle équipée d’une tarière à tube creux. La machine est capable de planter un jeune plant entre deux vignes existantes, sans qu’il soit nécessaire de retirer les fils de palissage. Tout est pensé pour intervenir au plus près des vignes en place, avec le moins de perturbation possible.
En un seul passage, notre équipement permet de :
creuser un trou à la profondeur souhaitée à l’endroit exact du plant manquant,
insérer le plant avec précision à l’aide d’un tube guide central,
installer un tuteur (piquet) si demandé,
ajouter de l’eau ou un amendement si nécessaire,
refermer le sol proprement autour du plant, grâce à des ailettes intégrées.
Ce processus permet une intervention soignée, régulière, et compatible avec les contraintes d’un vignoble déjà en place. Il n’est pas question ici de vitesse à tout prix, mais de rigueur, d’alignement, et d’un meilleur taux de reprise.
Ce nouveau service s’adresse à toutes les exploitations, qu’il s’agisse de quelques dizaines de manquants ou d’un plan de remplacement plus large. C’est une solution concrète, née du terrain, pensée pour faciliter la gestion continue des plants morts, sans désorganiser vos opérations.
Pourquoi la complantation ne peut plus attendre
Lors de notre webinaire technique du 14 mai 2025, un point a fait consensus : la complantation n’est pas un projet qu’on déclenche une fois de temps en temps c’est une stratégie de fond, à intégrer dans la routine annuelle du vignoble. En remplaçant quelques plants chaque année, on évite que les pertes ne s’accumulent en silence. Et surtout, on répartit l’effort, au lieu de devoir tout refaire en bloc.
Cela dit, même avec une machine, certaines règles de base demeurent essentielles pour garantir la réussite des complants.
Le moment de l’intervention, d’abord, compte pour beaucoup. Il faut penser à arracher les ceps morts, préparer les emplacements, puis intervenir tôt au printemps, dès que le sol est prêt. Ce calendrier reste le plus favorable pour favoriser l’enracinement, et garantir une bonne reprise.
Le choix du porte-greffe est aussi un levier important. Il doit correspondre au sol, au régime hydrique, au voisinage végétal, mais aussi aux objectifs du producteur. Dans certains cas, opter pour un porte-greffe un peu plus vigoureux permet aux jeunes plants de mieux s’intégrer dans une parcelle déjà mature.
Enfin, le suivi post-plantation est déterminant. Les jeunes plants doivent être protégés physiquement (cache-plant), tuteurés correctement, arrosés au bon moment (deux fois, à raison de 8 L chacun), et surveillés de près durant les premiers mois. Une pousse qui s’interrompt est souvent le premier signe de soif ou de stress. Et même sans grappes, un jeune plant a besoin d’un traitement phytosanitaire adapté notamment contre le mildiou et l’oïdium.
Une solution concrète, issue du terrain
Ce nouveau service de complantation mécanique est né dans les rangs, en discutant avec ceux qui doivent composer chaque jour avec la météo, le manque de bras, les rangs clairsemés et les budgets serrés. Dans les bonnes conditions, c’est une solution concrète, accessible, et efficace pour garder le vignoble en santé.
Chez Vitis-import, nous savons que chaque plant compte. Si vous avez des plants morts à remplacer, ou si vous souhaitez intégrer la complantation dans la gestion régulière de vos parcelles, contactez-nous.
Nous sommes là pour vous accompagner avec rigueur, avec méthode, et avec une solution adaptée à la réalité des vignobles canadiens.
Sources consultées
- Ontario Wine Appellation Authority. (VQA Ontario, 2023). Vintage Report 2022
Agriculture et Agroalimentaire Canada. (2024). Aide d’urgence aux producteurs de raisin de cuve – Nouvelle-Écosse
The Grower. (2024, 20 mai). Almost all of Okanagan grape crop lost to deep freeze.
- The Grower (April 09, 2024) – Polar Vortex funding available for NS fruit growers
Vitis-import. (2025). Résumé du webinaire du 14 mai – La complantation comme stratégie continue
Témoignages terrain – Okanagan, Ontario et Maritimes (printemps–été 2025)
Vous avez des plants à remplacer ? Contactez notre équipe pour discuter de votre situation.
Une évaluation rapide suffit pour savoir si la complantation mécanique est adaptée à votre vignoble.




